SHELLEY (P. B.)


SHELLEY (P. B.)
SHELLEY (P. B.)

Shelley est le plus romantique des poètes anglais de la première moitié du XIXe siècle; il exerça longtemps une puissante fascination sur les lyriques de son pays, de Tennyson à Swinburne et à Yeats. Révolutionnaire dans sa jeunesse, accusé d’athéisme et d’immoralité, il fut en vérité l’une des plus pures figures du romantisme. Il s’exila en Italie où il mourut avant l’âge de trente ans. Il y a sans doute du déchet dans son œuvre, parfois trop molle et sentimentale. Ses longs poèmes manquent de substance humaine et de conflit tragique. À d’autres moments, il a trop peu redouté le didactisme, ce qui alourdit ses envolées. Mais dans certains courts poèmes et dans ses odes, d’une facture artiste et savante, il a atteint à une beauté formelle inégalée. La pensée qui sous-tend son lyrisme fait de lui l’un des rares poètes du siècle chez qui la philosophie ne nuit pas à la vivacité de l’émotion ni à la richesse suggestive du langage.

La Nature, l’Amour et la Mort

Le père du poète appartenait à la petite noblesse de province et possédait quelque fortune et des terres. Percy naquit à Field Place, dans le comté de Sussex. Il avait plusieurs sœurs qu’il charmait, tout enfant, par les histoires fantasques qu’il inventait avec facilité. Malheureux à l’école aristocratique d’Eton, où étaient en faveur les brutalités infligées par les anciens aux nouveaux élèves, il se révélait déjà non conformiste et révolté. Dès l’âge de dix-sept ans, il écrivait des romans, des poèmes et s’enflammait pour la libre pensée antichrétienne des philosophes du siècle des Lumières. Entré à Oxford en 1810, il en fut exclu le 25 mars 1811 pour avoir publié une brochure, Sur la nécessité de l’athéisme (The Necessity of Atheism ). Cœur généreux et inflammable, toujours prêt à secourir les dames qu’il croyait en détresse et persécutées, Shelley épousa à dix-neuf ans une amie de ses sœurs, Harriet Westbrook, et eut d’elle une fille en 1813. Il entreprit des voyages en Irlande pour inciter le peuple à la rébellion et aux idées révolutionnaires, avec peu de succès. En 1812, il rencontra le philosophe William Godwin, dont il avait lu à Oxford l’ouvrage Enquête sur la justice politique... (An Enquiry Concerning Political Justice... ). L’homme, en Godwin, était moins généreux que ses idées, proches de celles des «philosophes», et déçut vite son jeune admirateur. Il tomba amoureux de sa fille, Mary, et s’enfuit avec elle sur le continent en 1814. Elle mit au monde un fils, William. Pendant un temps, il crut possible d’organiser une vie en commun avec Mary et sa femme légitime, Harriet, avec laquelle il ne ressentait plus aucune affinité intellectuelle. Celle-ci se suicida dans le lac de Hyde Park en décembre 1816, et Shelley épousa peu après Mary Godwin. Il avait publié en 1813 un poème, La Reine Mab (Queen Mab ), hâtif et juvénile, mais renfermant déjà de grandes beautés.

En 1816 paraissait son premier chef-d’œuvre, Alastor or the Spirit of Solitude , poème écrit en vers blancs, tout imprégné d’un ardent amour de la nature qui rappelle Wordsworth, et du pessimisme qui résulte d’une aspiration idéaliste vers un amour impossible. Une seconde œuvre, beaucoup plus longue, The Revolt of Islam , suivit en 1818, par endroits très belle, ailleurs pleine d’horreurs gratuites, et fort monotone. Shelley avait également composé en 1816 deux courts chefs-d’œuvre, «Le Mont-Blanc» et « Hymne à la beauté spirituelle». Le premier est un poème philosophique, évoquant une extase panthéiste ressentie par le poète en communion avec la nature et avec la puissance mystérieuse qui l’habite et l’anime. L’influence de Rousseau s’y fait sentir, ainsi que dans l’«hymne», qui célèbre les visitations et les révélations de l’esprit de beauté, grâce suprême dans une existence guettée par le désespoir. Dans ces années troublées 1814-1816, les autres poèmes, plus courts, sont hantés par la pensée de la mort.

Les grandes œuvres de l’exil

Le décès de son père en 1815 avait mis le poète rebelle en possession d’une certaine fortune qui lui permettait de voyager et de secourir ses nombreux amis en détresse. Mais ses souffrances morales étaient grandes. La garde des enfants nés de sa première femme lui fut enlevée par la justice. L’Angleterre le traitait en hors-la-loi, comme elle avait fait pour Byron, avec lequel Shelley s’était lié d’amitié à Genève en 1816. En mars de cette même année, il quitta l’Angleterre pour n’y plus revenir et se fixa en diverses villes d’Italie, le plus durablement à Pise. Cette vie errante, la mort du second bébé de Mary creusèrent un fossé entre celle-ci (également écrivain de talent, auteur du fameux roman de terreur Frankenstein ) et son mari. Julian and Maddalo , poème-conversation entre Shelley et Byron sur le thème de la folie causée par un chagrin d’amour, traduit, dans un cadre vénitien, le désespoir du poète qui fut peut-être alors proche de la folie. Sentiment qui se manifeste pareillement dans les célèbres «Strophes écrites dans le désespoir près de Naples en 1818». À Rome cependant, en 1819, Shelley est consolé par la splendeur des ruines antiques; il aimait surtout les vestiges des bains de Caracalla, où il passa de longues heures à écrire son grand drame lyrique, Prométhée déchaîné (Prometheus Unbound ). Son pessimisme personnel, dû à la difficulté d’être et à l’impatience du présent, ne l’amena presque jamais à désespérer de l’avenir. Les courts poèmes – surtout lorsque cet idéaliste platonicien se sentait captif de complications sentimentales – crient le mal dans l’homme, dans le monde et surtout dans la société. Mais tous les longs poèmes expriment l’espoir d’une régénération future. Une fois les tyrannies vaincues et le triomphe de la liberté assuré, l’homme pourrait s’éprouver enfin libre sur un sol libre, débarrassé des superstitions religieuses, prendre en main son destin comme le rêvait le Faust goethéen.

Parmi ces œuvres de plus longue haleine, on trouve une tragédie, The Cenci (1819), un drame lyrique injouable, Hellas (1821), sauvé par la fougue de ses chœurs, et quatre poèmes d’environ six cents vers chacun. La Magicienne de l’Atlas (The Witch of Atlas , 1820) est une fantaisie délicate, parfois dépourvue d’intérêt humain, comme Mary Shelley lui en fit le reproche, mais non exempte d’ironie. Dans Epipsychidion (1821), hymne d’adoration platonique dédié à une Italienne aperçue à Pise et que Shelley croyait retenue contre son gré dans un couvent, l’amour idéal, celui d’un Dante pour sa Béatrice, est traduit en symboles obscurs. La fin reprend le rêve arcadien des poètes romantiques, celui du voyage avec l’amante idéale vers une île méditerranéenne où la civilisation et le mal n’ont jamais pénétré. Adonais , sublime élégie en l’honneur de Keats qui venait de mourir à Rome (1821), est aussi un portrait de Shelley lui-même et un chant de triomphe – celui de la poésie contre la mort. Le credo poétique de Shelley, au même moment, imprégnait de ferveur son petit livre en prose Défense de la poésie (Defense of Poetry ). Enfin, sous l’inspiration de Rousseau, qu’il avait pris pour guide comme Dante avait choisi Virgile, Shelley écrivait le poème (en «terza rima») Le Triomphe de la vie , qui de toutes ses œuvres est la plus proche et la plus digne de Dante. Ce poème aurait peut-être été son chef-d’œuvre si la mort ne l’avait interrompu au vers 544 sur cet appel angoissé: «Mais alors, qu’est-ce que la vie?»

Dans les pièces brèves des années 1819-1822 sont contenus les poèmes de Shelley que les anthologies ont rendus populaires: «L’Ode au vent d’ouest», «Le Nuage», «À une alouette», la touchante «Plante sensitive», les admirables hymnes d’«Apollon» et de «Pan» dignes des Grecs, et divers autres inspirés en 1821 par Jane Williams, la compagne d’un ami des Shelley à Pise, vers laquelle l’attirait, une fois de plus, une passion romanesque. Le mari de Jane, Edward Williams, et un autre Anglais, un ancien marin, Trelawny, partageaient le goût de Shelley pour la voile. Le poète avait fait construire un petit bateau, l’Ariel , où il aimait à voguer pendant des heures, rêvant, écrivant. Le 1er juillet 1822, Shelley et Williams naviguèrent de Lerici à Livourne pour aller à la rencontre de Leigh Hunt qui arrivait d’Angleterre. Au retour, une tempête s’éleva et leur esquif fut englouti; tous deux furent noyés. Quelques jours plus tard, les corps furent rejetés par la mer, et ils furent brûlés sur un bûcher à l’antique par Byron et Trelawny. Les cendres de Shelley furent ensuite enterrées dans le cimetière protestant de Rome, avec une inscription tirée de La Tempête de Shakespeare concernant Ariel, et les mots latins: «Cor cordium ».

Peu d’Anglais alors surent qu’ils avaient perdu un de leurs plus grands poètes. Une édition de ses œuvres mit dix-sept ans avant de voir le jour. Cependant, une jeune génération d’étudiants épris de poésie (Beddoes, puis Tennyson et Browning; plus tard Swinburne, Francis Thompson, James Thomson) s’enflammèrent d’admiration pour ce génie méconnu. À la fin du siècle, Shelley était en Angleterre le plus aimé des poètes romantiques. Des Allemands, des Italiens, quelques symbolistes français louèrent son œuvre. Yeats le plaça au-dessus de tous ses prédécesseurs, comme l’avait fait un autre Irlandais, Georges Moore. Cette gloire peut-être excessive fut suivie d’un reflux avec la venue, après la Première Guerre mondiale, d’une génération attirée par la sobriété, parfois la sécheresse prosaïque, l’intellectualité railleuse, l’esprit critique des poètes anglais du XVIIe et du XVIIIe siècle: Donne, Marvell, Dryden, Pope. T. S. Eliot se montra particulièrement dur pour le lyrisme éperdu de Shelley, pour sa politique utopiste et son défi jeté à la tradition chrétienne. Il revint ensuite à un sentiment plus juste et loua Shelley de son affinité avec Dante. Ces fluctuations, qui entraînent une lecture plus avertie des auteurs du passé, valent mieux pour un poète, surtout pour un romantique (Lamartine, Hugo, Schiller ont pareillement mêlé bien des scories à leur métal précieux), qu’une acceptation conventionnelle et morte.

La pensée de Shelley

Il n’est nullement nécessaire qu’un grand poète soit aussi un penseur. Mais il est des poètes qui ont été angoissés par des problèmes philosophiques éternels et par le besoin d’alléger les injustices sociales et les maux causés par l’oppression. Dante est au premier rang de ceux-là, et ce que les Modernes jugent mort dans sa théologie ou sa cosmologie, étroit et haineux dans sa politique n’enlève rien à leur admiration pour sa sensibilité et son art. Au cœur de l’œuvre shelleyenne s’exprime une pensée religieuse et politique ardente, généreuse, naïve aussi et parfois même simpliste. On a dit que Shelley était un pur poète, et il est en effet souvent désincarné, habitant des nuées: Matthew Arnold, dans une phrase cruelle, l’a comparé à un ange sans efficacité (le mot «ineffectual », typiquement anglo-saxon et victorien, est presque intraduisible), battant en vain des ailes dans le vide. Mais ce n’est en rien la pureté de Coleridge ou de Keats, l’alchimie lyrique de Nerval ou de Valéry, qui bannit la prose et le moralisme de l’art pour l’art. Shelley a eu beau déclarer dans la préface de son Prométhée qu’il abhorrait la poésie didactique, une bonne partie de son œuvre est didactique, dans le sens généreux du mot, comme l’est presque tout roman, comme l’est aussi une bonne part de l’œuvre de Hugo, de Swinburne, de Claudel. Il combat, il affirme et veut répandre ce à quoi il croit avec intensité, comme l’a désiré d’ailleurs le T. S. Eliot des Quatre Quatuors (Four Quartets ), ou même Valéry. L’ambition d’un poète et d’un mystique est de communiquer une expérience profonde, de faire ressentir aux lecteurs l’état poétique qu’elle a suscité chez l’auteur, grâce à des images, des symboles et des rythmes.

Shelley éprouvait le besoin de s’expliquer le mal dans le monde. Si Dieu doit être conçu, ainsi que l’affirment diverses religions, comme responsable de ce mal cosmique qu’il a infligé aux êtres ou permis, mieux vaut nier Dieu. L’explication de ce mal par le mythe du péché originel paraît enfantine à ce poète qui avait vu souffrir et mourir plusieurs de ses petits enfants innocents et n’en pouvait voir la justification par la transgression d’Adam, pas plus d’ailleurs qu’il ne pouvait consentir aux souffrances des animaux (il était végétarien et a dit dans Alastor n’avoir jamais fait de mal à serpent, oiseau ou insecte). Dès ses débuts, observant la misère des ouvriers, l’oppression des pauvres, des Irlandais, des paysans anglais par les riches, par les gouvernants, par l’oligarchie des électeurs des «bourgs pourris», Shelley se tourna vers Godwin, et au-delà de lui vers la pensée matérialiste de Diderot, de d’Holbach, de Laplace. Il y avait en fait une source de poésie plus authentique et plus généreuse dans cette pensée que dans le christianisme conventionnel et affadi des années 1780-1820. Le divin était placé non au commencement, mais à la fin du monde.

Condorcet, avec sa loi du progrès, impressionna Shelley, comme il avait, par le rôle considérable qu’il accordait à la femme libérée, influencé la mère de sa femme, Mary Wollstonecraft. À la fin du Prométhée déchaîné , rejetant la conclusion du drame perdu de la trilogie eschyléenne, Shelley envisageait le triomphe de ce Prométhée-Christ, stoïque parmi les tortures, consolé par des femmes. Le quatrième acte de ce drame lyrique associe le firmament entier: lune, étoiles, terre, à l’allégresse qui chante la libération des perpétrateurs du mal. Dans son drame Les Cenci , ceux-ci, replacés dans l’histoire et sur un plan terrestre, n’osent pas présenter le triomphe de la pure et douloureuse Béatrice sur le criminel incestueux qu’est son père; la pièce reste en conséquence une tragédie. Les autres longs poèmes de Shelley, «Ode à la liberté», Hellas , glorifient le retour d’un âge d’or, celui qu’avait semblé prédire Virgile dans la quatrième églogue, lorsque seraient tombées les chaînes des damnés de la terre. Cet élan vers le progrès, qui vibre tout autant dans bien des poèmes de Hugo, est une source de poésie aussi riche que les ricanements de poètes pessimistes ou que la monotonie de leurs appels à la mort, fussent-ils Leopardi ou Alfred de Vigny.

La foi en l’avenir, l’art

Cette veine prophétique d’un poète qui veut légiférer pour un monde meilleur qu’il aura aidé à naître entraîne d’ailleurs rarement Shelley vers l’éloquence ou la prédication sociale faciles. Elle se traduit plutôt par le refus des bornes inutilement imposées à l’homme par l’ignorance, l’erreur ou la faiblesse: on pense en le lisant aux cris de Rimbaud: «Changer la vie» ou «Je me révolte contre la mort». Son poème «À l’alouette» a été critiqué comme trop prodigue en comparaisons et en litanies. Mais Shelley y dit son désir de s’identifier à l’oiseau qui s’envole en flèche loin de la terre pour chanter son allégresse: s’il pouvait, lui, atteindre à une joie aussi entière, le monde écouterait son chant avec le même ravissement.

Son ode la plus célèbre, «Au vent d’ouest», si elle retombe un moment dans la mélancolie, se gonfle à nouveau de foi dans la dernière strophe. Puisse le vent faire du poète sa lyre, devenir lui, l’envahir en effaçant toute différence entre le moi et le non-moi. De ce foyer non éteint que sera alors le poète, le vent soufflera de toutes parts ses paroles, comme des cendres et des étincelles, et il sera «la trompette d’une prophétie».

Cette confiance dans l’avenir de l’humanité et dans la lutte de l’artiste et de l’homme contre la destinée n’aveugle pas Shelley. Il n’est pas resté un adolescent refusant l’expérience du concret et niant la souffrance. Les cris d’angoisse, de retombée de l’empyrée de ses rêves abondent dans ses courts poèmes et sont déchirants. «Nos plus doux chants sont ceux qui disent les pensées les plus tristes», disait un vers de l’«Ode à l’alouette». La conclusion de «La Plante sensitive» dénonce le règne de la mort ici-bas, même si la beauté et l’amour échappent à la loi du changement. Le huitain «A Dirge» («Chant funèbre») capte un immense sanglot de la terre et des vents, qui se lamente sur le mal dans le monde. L’avant-dernière année de sa vie, alors qu’il était le plus proche d’une vue platonicienne de l’univers et entrevoyait les idées derrière les apparences imparfaites, Shelley confessait, dans les notes à Hellas , l’incapacité de tout penseur à trancher le nœud gordien de l’origine du mal. Une grave sagesse et quelque résignation donnent leur poids aux poèmes de 1819-1822. En même temps, le poète ne veut pas renoncer à explorer l’invisible ou, du moins, à rendre visible l’invisible. Le pressentiment de la fin et la pensée de la mort le hantent. Adonais , l’un des plus nobles poèmes jamais consacrés à la mort, ne réussit pas à trouver de consolation dans la pensée que «l’un subsiste tandis que le multiple change et passe». «La vie, tel un dôme de verre aux mille couleurs, souille le blanc éclat de l’éternité», écrit Shelley, et il ajoute «puis la mort la foule aux pieds et la brise». Il est rare que ce poète d’utopie et de rêve se soit égaré dans les nuées, tel l’Ixion dont il se rit. Il avait, comme le montrent ses lettres et des poèmes familiers («Lettre à Mrs. Maria Gisborne»), un sens vif du concret et même de l’humour.

Plus que tout autre poète anglais, Keats excepté, il possédait une imagination capable de faire resurgir l’enfance et de créer des mythes, comme tous les poètes, surtout les Grecs. Shelley lisait en effet Homère, Eschyle et Platon dans le texte avec aisance et les sentait fortement et justement. Il a traduit Calderón et Goethe, et pénétrait sans effort dans les secrets de Dante. Cette imagination, trop riche, s’égarait parfois dans le vague et l’indécis. La rapidité de vision du poète s’accompagnait d’une rapidité d’exécution qui, comme chez Lamartine, laissait passer bien des négligences. La structure des poèmes est parfois lâche. Le danger de la sentimentalité le guette. Mais il est loin d’être un poète simplement décoratif ou qui substitue l’éloquence à la poésie. Pourtant, l’artiste est rarement défaillant. Il atteint fréquemment à une netteté de vision et à une simplicité de forme que plus d’un critique anglais déclare «classiques». «Nul parmi les Modernes, écrivit Edmund Gosse lors de la célébration du centenaire de Shelley en 1892, n’est allé plus loin que lui dans l’exacte attention apportée à la forme poétique», notamment dans ses chœurs; et Wordsworth, qui ne goûtait guère le libéralisme politique de son cadet, déclarait en 1827: «Shelley est l’un des meilleurs artistes parmi nous tous, pour ce qui est de la facture du style.»

Encyclopédie Universelle. 2012.

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